Heroe(s)

Si l'on s'interroge ici sur la question de savoir quelle est la figure prédominante du héros dans notre société, on ne nous épargne guère de combats à mener. En effet la pièce commence dans une salle de rédaction ou quelque chose d'approchant, dans laquelle se décide de ce dont il faut parler, de ce qui est important, de l'actualité. Et soudain tout s'écroule, tout ce travail de sélection, d'analyse, de recoupement n'a plus de sens, face à l'insensé qui s'en prend à la liberté d'expression, de vivre comme on l'entend, face à l'irruption de la violence à l'état brut.

S'ensuivent les questions à l'infini, les réponses introuvables, le sens perdu quand on met bout à bout les raisons de l'indignation sourde.

Nous croulons sous l'information, certes connue mais en ordre disparate et dilué, la concentration ici donne le vertige et la chronologie implacable rappelle qu'il s'est passé tant d'horreurs en si peu de temps.

La pièce est d'abord verbale, mais un verbe qui ne parvient pas à s'exprimer, qui devient blanc de l'effroi et de la détresse, transformé en craie, en poussière. Si le tableau-mur noir, se blanchit sous les mots, slogans, chiffres et pensées, au final dans cette confrontation nous n'éprouvons que notre impuissance à répondre, à réagir, écrasés par cette verticalité et paralysés par les fils arachnéens de notre stupeur.

On sent bien les émotions de ces personnages, ce qui les bouleverse et les anéantit, avec malgré tout encore un peu de force pour parler, parler, parler.

Et si la musique du spectacle annonçait l'aube d'un sens?


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